Qui est 111 Degrés ?
Tout a commencé avec une montre russe automatique, ramenée d'Ukraine par mon grand-père quand j'avais seize ans. Le fond transparent m'a révélé quelque chose que je n'avais encore jamais vu. J'ai découvert un monde en miniature, vivant et silencieux. Des roues qui tournaient, une masse oscillante qui se balançait au rythme de mes gestes. Une montre sans pile, animée par le seul mouvement du poignet. Je ne savais même pas qu'une telle chose était possible.
Cette découverte a allumé quelque chose en moi, une de ces flammes qui ne s'éteignent plus. Alors je m'y suis plongé, YouTube, forums, archives, biographies de maisons centenaires. Comme je le fais à chaque fois qu'un sujet m'intéresse, je ne peux laisser aucune question sans réponse.
Le vintage est arrivé naturellement, comme une évidence. J'ai toujours été attiré par les objets qui portent une vie derrière eux tel qu'un vieux vin qui a traversé des étés, un vinyle chiné dans une brocante, une voiture dont la carrosserie garde la mémoire des routes, un appareil photo argentique, du mobilier usé par des mains qui ne sont plus là. Ces objets ont une âme que les neufs n'ont pas encore.
En horlogerie, cela m'a naturellement conduit vers le passé des grandes maisons, souvent plus dense qu'on ne l'imagine. Puis j'ai découvert celles que le temps a un peu oubliées, mais qui ont tant compté : Movado, Universal Genève, et tant d'autres. Des maisons habitées par une histoire chargée d'audace et d'inventions.
Avec le temps, apprendre ne suffisait plus. Il fallait franchir un pas de plus, entrer dans la danse autrement. Devenir marchand.
Cependant une question demeurait : le nom.
J'ai cherché longtemps, tourné en rond, hésité. Mais finalement il est apparu : 111 Degrés, c'est l'angle que forment les aiguilles à 10h10, cette position iconique qu'on retrouve dans toutes les vitrines, sur tous les catalogues depuis des décennies.
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